Serap Dogansoy
02 Septembre 2026•Mise à jour: 02 Septembre 2026
Les épisodes de canicule et la sécheresse devraient coûter 0,1 point de produit intérieur brut à l’économie française en 2026, principalement en raison de leurs conséquences sur l’agriculture, a estimé mercredi le ministère de l’Économie.
Concrètement, la croissance française aurait été supérieure de 0,1 point en l’absence de ces événements climatiques. Cette estimation a été présentée par la Direction générale du Trésor devant la mission parlementaire consacrée au coût de la canicule, présidée par le député Éric Coquerel.
La production agricole française devrait diminuer de 8 % par rapport à 2025. Ce recul représenterait environ la moitié de celui observé lors de la canicule de 2003, quand la valeur ajoutée du secteur agricole avait chuté d’environ 15 %.
La production de maïs attendue en baisse de 35 %
Le maïs figure parmi les cultures les plus touchées, avec une production attendue en baisse de 35 % sur un an.
Dans les prairies, la pousse cumulée de l’herbe était inférieure d’un tiers à la normale au 10 août. Cette situation réduit les quantités de fourrage disponibles pour nourrir les animaux et risque d’augmenter les charges des éleveurs.
Les agriculteurs subissent également les conséquences du conflit au Moyen-Orient. La hausse du prix du gaz renchérit la fabrication des engrais azotés, tandis que les perturbations du commerce international compliquent leur approvisionnement.
Les fortes chaleurs ont aussi affecté d’autres secteurs de manière localisée. Leur influence sur l’ensemble de l’économie devrait cependant rester plus limitée, estime Bercy.
« Les données conjoncturelles disponibles ne font pas apparaître, à ce stade, de décrochage généralisé de l’activité », a précisé le ministère.
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, avait évalué mi-août les coûts directs et indirects des canicules de l’été entre 10 et 15 milliards d’euros. Cette estimation plus large comprend notamment leurs conséquences sanitaires, économiques et matérielles.
Une économie proche de la stagnation
L’impact climatique intervient dans une économie française déjà fragilisée. Le PIB a reculé de 0,2 % au premier trimestre avant de rester stable au deuxième, d’après les résultats détaillés publiés vendredi par l’Insee.
L’Institut avait initialement estimé la croissance du deuxième trimestre à 0,2 %. Cette révision à la baisse s’explique notamment par une production agricole plus dégradée qu’anticipé.
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, avait présenté ces données comme « le premier impact concret de l’été horrible » traversé par la France, évoquant des récoltes « extrêmement difficiles » dans plusieurs secteurs et régions.