Ben Amed Azize Zougmore
02 Septembre 2026•Mise à jour: 02 Septembre 2026
Le président français Emmanuel Macron s’est rendu mercredi aux Pays-Bas pour s’entretenir avec le Premier ministre Rob Jetten du renforcement de la « souveraineté européenne », notamment dans les secteurs technologiques et de la défense.
Lors d’une déclaration conjointe à Eindhoven, les deux dirigeants ont affiché leur volonté d’approfondir la coopération franco-néerlandaise dans les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle, le quantique et l’électronique, dans un contexte de compétition technologique mondiale accrue.
Macron a estimé que l’Europe devait « passer un nouveau cap » et consolider ses chaînes de production sur son territoire, plaidant notamment pour une « préférence européenne » dans les commandes et subventions publiques afin de soutenir des offres européennes dans le cloud, l’IA et la microélectronique.
Le président français a également appelé à un cadre européen de souveraineté technologique protégeant les acteurs du continent face aux législations extraterritoriales, ainsi qu’à un « Quantum Act » destiné à structurer une chaîne de valeur européenne dans le secteur quantique.
Paris et La Haye prévoient par ailleurs de réunir d’ici la fin de l’année, à Paris, des acteurs européens du secteur technologique, aux côtés de la Commission européenne, de l’Allemagne et d’autres partenaires, afin d’accélérer les financements et les projets communs.
Les deux pays entendent également approfondir leur coopération en matière de défense. Macron a notamment évoqué l’acquisition par les Pays-Bas de quatre sous-marins de Naval Group, des projets de frégates de défense aérienne et leur volonté de travailler ensemble sur la « dissuasion nucléaire avancée » proposée par Paris.
Sur les dossiers internationaux, le chef de l’État français a réaffirmé le soutien des deux pays à l’Ukraine et estimé que les efforts devaient « se poursuivre » et « s’accélérer ». Il a également exprimé sa solidarité avec l’Allemagne après l’attribution par Berlin à la Russie de l’attaque de Leipzig, dénonçant une « guerre hybride » menée par Moscou.
« C’est une ingérence, c’est cette guerre hybride, au fond, que nous mène la Russie », a insisté le chef de l'Etat français.
Macron et Jetten ont enfin évoqué la situation au Proche et au Moyen-Orient, le président français soulignant l’« étroite coordination » entre les deux pays, notamment en Méditerranée orientale et au large du détroit d’Ormuz.