Wafae El Baghouani
23 Septembre 2026•Mise à jour: 23 Septembre 2026
AA / Istanbul / Wafae El Baghouani
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a appelé mercredi la communauté internationale à mieux mesurer les conséquences du développement rapide de l’intelligence artificielle (IA), notamment pour la « dignité de la personne humaine », lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à cette technologie.
« Il nous faut prendre le temps de mesurer les conséquences de la diffusion de l’IA pour la dignité de la personne humaine », a déclaré le chef de la diplomatie française lors de cette réunion organisée à l’initiative de Paris.
Jean-Noël Barrot a plaidé pour un renforcement des garde-fous et pour une coopération internationale destinée à encadrer le développement de systèmes d’IA toujours plus puissants.
La réunion intervient alors que plusieurs dirigeants du secteur technologique ont eux aussi appelé à une vigilance accrue face à l’accélération des capacités de l’IA.
Le directeur général d’OpenAI, Sam Altman, a estimé devant le Conseil de sécurité que la progression actuelle de cette technologie nécessitait une « attention extrême », soulignant que l’automatisation croissante de la recherche en IA pourrait accélérer son rythme d’amélioration.
Dario Amodei, directeur général d’Anthropic, s’est pour sa part engagé à « ralentir autant que nécessaire » le développement de ses modèles afin de s’assurer que les nouveaux systèmes mis sur le marché soient suffisamment sûrs.
Les responsables d’OpenAI et d’Anthropic, ainsi que Clément Delangue, patron français de la plateforme Hugging Face, figuraient parmi les dirigeants du secteur invités à présenter au Conseil de sécurité leur analyse de l’évolution de l’IA et des risques associés.
Plusieurs acteurs du secteur plaident désormais pour une coordination internationale accrue. Paris souhaite notamment que les Nations unies contribuent à définir des règles communes et à organiser une gouvernance mondiale de l’IA conciliant innovation, sécurité collective et protection des droits humains.
Cette volonté se heurte toutefois aux divergences entre États sur le degré de réglementation internationale à adopter, alors que les États-Unis restent réticents à l'idée d'une supervision supranationale du secteur.