Abdel Ra'ouf D. A. R. Arnaout
25 Octobre 2023•Mise à jour: 26 Octobre 2023
AA / Jérusalem / Abdel Raouf Arnaout
L'Autorité de radiodiffusion d'Israël a déclaré mercredi qu'Israël avait laissé entendre qu'il refuserait les visas d'entrée aux employés des Nations Unies, suite aux déclarations du secrétaire général de l'organisation, Antonio Guterres, considérées par Tel Aviv comme "favorables" aux Palestiniens et au mouvement Hamas.
"A la suite au nouveau discours (au Conseil de sécurité) du secrétaire général des Nations Unies, Israël étudiera toutes les demandes de visa d’entrée présentées par les employés des Nations Unies", a rapporté la chaîne israélienne.
Cette position intervient après la grogne d’Israël contre les déclarations faites par Guterres, lors d’une session du Conseil de sécurité de l’ONU, tenue mardi, que le gouvernement de Tel Aviv considérait comme "favorable" au mouvement Hamas.
L’autorité a noté : "Depuis le début de la guerre (à Gaza le 7 octobre), davantage d’employés des Nations Unies ont demandé à venir dans la région (en référence à Israël et aux zones palestiniennes auxquelles les autorités israéliennes accordent l’autorisation d’entrer)".
De manière générale, la présence du personnel des Nations Unies est renforcée dans les zones touchées par des guerres et des crises.
A 10h00 (UTG), les autorités israéliennes n'ont pris aucune position officielle concernant la restriction de l'entrée des employés des Nations Unies.
De son côté, les Nations Unies n'ont pas annoncé, mercredi matin à 10h00 (heure locale), que l'organisation ou ses employés se heurtaient à des obstacles liés à la délivrance des permis que Tel-Aviv est autorisé à accorder à ses représentants en Israël et les territoires palestiniens.
Guterres a déclaré mardi, lors de la session du Conseil de sécurité de l'ONU, à propos de la guerre d'Israël contre Gaza : "Il est important de réaliser que les attaques du Hamas ne ressortent pas de nulle part, et que ces attaques ne justifient pas les attaques massives et meurtrières d'Israël à Gaza".
Guterres a souligné que "le peuple palestinien (vivait) sous une occupation étouffante depuis 56 ans", ajoutant : "Je réitère mon appel à un cessez-le-feu humanitaire immédiat".
En réponse à Guterres, le ministre israélien des Affaires étrangères Eli Cohen a annulé une réunion prévue avec lui, pour protester contre ses déclarations.
Cohen a déclaré, lors d’une conférence de presse tenue mardi soir à New York, que Guterres "ne représente pas la plupart des États membres les plus importants des Nations Unies", faisant référence aux États-Unis, à la Grande-Bretagne, à l’Allemagne et à la France.
Dans ce contexte, le représentant d'Israël auprès des Nations Unies, Gilad Erdan, a appelé António Guterres à "démissionner immédiatement".
Il a déclaré lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre israélien des Affaires étrangères que Tel Aviv "s'efforcera de réévaluer ses relations avec les Nations Unies", à la lumière des déclarations de Guterres, accusant les employés de l'ONU de "déformer la réalité et de ne pas rapporter ce qui est dit".
Mardi, le Conseil de sécurité de l'ONU a tenu une session d'urgence sur la situation au Moyen-Orient, y compris la cause palestinienne, à laquelle, outre les quinze membres du Conseil, ont participé plus de 90 intervenants, selon ce qui a été publié sur le site Internet du Conseil.
*Traduit de l'arabe par Wejden Jlassi