Sanaa Ou Amir Ahamada
23 Septembre 2026•Mise à jour: 23 Septembre 2026
Le président kényan William Ruto a réuni mercredi à New York le Comité des chefs d’État et de gouvernement africains sur le changement climatique (CAHOSCC) afin de coordonner la position du continent en amont de la COP31, prévue à Antalya, en Türkiye, et de préparer la COP32, qui se tiendra en Éthiopie en 2027.
La réunion s’est tenue en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, à la Mission d’observation permanente de l’Union africaine auprès de l’ONU. Ruto, qui coordonne le Comité des chefs d’État et de gouvernement africains sur le changement climatique (CAHOSCC) , a appelé l’Afrique à passer des engagements climatiques à leur mise en œuvre concrète, en mettant l’accent sur le financement climatique, l’adaptation, la résilience et les énergies renouvelables.
Le président kényan a également plaidé pour une mobilisation accrue des investissements en faveur des énergies renouvelables, de l’industrialisation verte, des infrastructures durables et d’économies résilientes. Il a souligné que les priorités climatiques et de développement de l’Afrique étaient étroitement liées.
Ruto a par ailleurs réaffirmé l’importance des déclarations climatiques de Nairobi et d’Addis-Abeba et appelé à considérer l’action climatique comme une opportunité d’investissement, de transformation économique, de création d’emplois et de développement durable.
Il a appelé à une position africaine « forte et coordonnée » lors de la COP31, avec une trajectoire vers une COP32 centrée sur l’adaptation, la mise en œuvre, l’investissement et la croissance favorable au climat.
L’Afrique réclame davantage de financements pour l’adaptation
Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a de son côté souligné que l’Afrique subissait une part disproportionnée des conséquences du changement climatique, malgré sa contribution historiquement limitée aux émissions mondiales.
Il a rappelé que l’action climatique africaine devait rester fondée sur les principes d’équité, de justice climatique et de responsabilités communes mais différenciées.
Parmi les priorités africaines en amont de la COP31 figurent notamment l’augmentation et l’accessibilité des financements destinés à l’adaptation, le soutien face aux pertes et dommages, l’accès aux technologies et le renforcement des capacités.
Mahmoud Ali Youssouf a également mis en avant la nécessité d’une transition juste permettant d’améliorer l’accès à une énergie abordable, de créer des emplois pour les jeunes et les femmes et de renforcer la résilience des communautés.
Il a cité plusieurs initiatives déjà engagées par les États membres de l’Union africaine, notamment l’intégration régionale des réseaux électriques, les énergies renouvelables, la cuisson propre et l’agriculture résiliente au climat. Il a toutefois insisté sur la nécessité de disposer de financements climatiques accessibles, abordables et prévisibles, sans aggraver les vulnérabilités liées à la dette.
Vers une COP32 centrée sur les priorités africaines
En vue de la COP32, prévue en Éthiopie en 2027, le président de la Commission de l’UA a réaffirmé la volonté de l’organisation de travailler avec Addis-Abeba, les États membres et les partenaires afin de défendre une position africaine commune.
L’objectif est notamment de faire en sorte que les priorités, les expériences et les solutions du continent soient davantage prises en compte dans les négociations climatiques internationales.
Le secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), Simon Stiell, a également participé à la réunion. Il a réaffirmé la disponibilité du secrétariat de l’ONU chargé du climat à accompagner les pays africains dans la promotion de leurs priorités, de la COP31 à Antalya à la COP32 à Addis-Abeba.
Il a notamment souligné l’importance d’une coordination africaine durable, d’un engagement précoce et de la constitution de coalitions pour transformer les engagements climatiques en résultats concrets.
La COP30 s’est tenue à Belém, au Brésil, fin 2025. À cette occasion, l’organisation de la COP31 a été attribuée à la Türkiye, après des discussions entre les deux candidatures de la Türkiye et de l’Australie.
Un accord a ensuite été conclu entre les deux pays, prévoyant que la Türkiye assure la présidence de la conférence tandis que l’Australie dirige les négociations. La COP32 est, quant à elle, prévue en Éthiopie en 2027.