Mona Saanouni
27 Octobre 2017•Mise à jour: 27 Octobre 2017
AA/New York/Mohamed Tarek
Le représentant permanent du Royaume-Uni auprès de l’ONU, Matthew Rycroft, a indiqué, vendredi, que son pays effectue des consultations intensives avec Washington et d’autres capitales pour émettre un projet de résolution du Conseil de Sécurité dans le but de sanctionner le Régime syrien pour usage d’armes chimiques, 7 mois plus tôt dans le nord de la Syrie.
Hier jeudi, la Commission d’enquête internationale sur l’usage d’armes chimiques en Syrie (JIM, Joint Investigative Mechanism) a tenu les forces du Régime syrien pour responsable de l’usage d‘armes chimiques dans son attaque menée contre le village de Khan Cheikhoun, en avril dernier, attaque ayant fait plus de 100 morts dans les rangs des civils en plus de 500 blessés.
Rycroft a souligné, dans des déclarations faites au siège de l’ONU à New York, l’importance que revêt «un projet de résolution du Conseil de Sécurité en vertu de l’article 7 de la Charte onusienne (usage de la force militaire pour son exécution) pour responsabiliser la partie qui a utilisé les armes chimiques en Syrie. Nous connaissons désormais ce responsable, c’est le Régime (syrien)».
Il a indiqué que «des avions appartenant au Régime avaient pilonné le village de Khan Cheikhoun par le gaz sarin, provoquant de graves dégâts sur des centaines de personnes».
Le représentant britannique a indiqué que «la Russie a choisi de faire taire le mécanisme d’investigation conjoint, indépendant et honnête, relevant de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques et de l’ONU, en opposant son veto pour interdire la prolongation de son activité ».
«Nous savions effectivement que le Régime avait utilisé le chlore. Nous avons désormais des indices qu’il a, également, utilisé le gaz toxique sarin. Une réponse internationale forte est nécessaire pour tenir les responsables de l'attaque de Khan Cheikhoun», a-t-il ajouté.
Le représentant britannique a exprimé sa profonde déception au vu de la position russe, et ce en raison de l’usage d’armes chimiques en Syrie, malgré la promesse du président russe Vladimir Poutine, en 2013, d’assurer le démantèlement par Damas de son programme nucléaire.
Il a souligné la nécessité que la Russie et les membres du Conseil de Sécurité de se comporter conformément aux mesures de l’article 7 à l’égard de toute personne qui utilise les armes nucléaires.
En réponse à la question concernant la présentation du projet de résolution au Conseil de Sécurité, le représentant a indiqué: «Nous travaillons avec les Etats-Unis et d’autres pays à cet égard».
Le Conseil de sécurité de l’ONU a échoué, mardi dernier, à renouveler la mission de la Commission d’enquête sur l’utilisation d’armes chimiques en Syrie, en raison du veto russe opposé au projet de résolution émis par les Etats-Unis.
Au cours de la session du vote, en cours jusqu’à 15h40 GMT, le projet de résolution a récolté 11 voix du total des membres du Conseil (15 Etats), mais le droit de veto (interdiction) utilisé par le représentant permanent de la Russie auprès de l’ONU, Vassili Nebenzia, a fait que ce projet de résolution soit bloqué.