Serap Dogansoy
13 Août 2026•Mise à jour: 13 Août 2026
La Roumanie a entamé jeudi l’arrêt complet de son unique centrale nucléaire, celle de Cernavodă, en raison de la baisse du niveau du Danube, dont les eaux sont utilisées pour refroidir ses réacteurs, a annoncé l’opérateur public Nuclearelectrica dans un communiqué.
« Nuclearelectrica a engagé les procédures d’arrêt contrôlé de l’unité 2 de la centrale nucléaire de Cernavodă, dans le contexte de la baisse du niveau de l’eau du Danube », a indiqué la compagnie nationale.
L’arrêt complet du réacteur était attendu vers 11 heures ou midi, heure locale, selon les informations rapportées par BFMTV. L’autre unité de la centrale, qui compte deux réacteurs d’une capacité d’environ 700 mégawatts chacun, avait déjà été arrêtée à la fin du mois de juillet pour les mêmes raisons.
Cette fermeture complète, une première depuis la sécheresse de 2003, prive temporairement la Roumanie d’une installation qui assure habituellement environ 20 % de sa production électrique. À l’époque, un seul réacteur était toutefois en service à Cernavodă.
Le ministère roumain de l’Énergie avait annoncé mercredi que l’unité 2 serait arrêtée « de manière contrôlée » en raison des « conditions hydrologiques actuelles ».
Le gouvernement prévoit de compenser la perte de production nucléaire en mobilisant d’autres sources d’énergie, notamment l’éolien, et en recourant aux importations d’électricité. Les autorités ont parallèlement renouvelé leur appel aux entreprises et aux ménages à adopter une « consommation responsable ».
Aucune date de redémarrage des deux réacteurs n’a été communiquée. Nuclearelectrica assure que les opérations d’arrêt sont préventives et réalisées conformément aux procédures de sûreté nucléaire.
Des travaux de dragage et d’aménagement visant à diriger davantage d’eau du Danube vers la centrale avaient permis de retarder l’arrêt du second réacteur.
D’après les informations rapportées par BFMTV, ces opérations, estimées à plus de deux millions d’euros, ont notamment consisté à faire exploser un rocher et à couler dans le fleuve quatre barges remplies de pierres afin d’en modifier localement le cours.
La Hongrie voisine tente également d’éviter l’arrêt complet de la centrale nucléaire de Paks, elle aussi refroidie par les eaux du Danube. L’installation, dont les quatre réacteurs couvrent habituellement environ un tiers des besoins électriques hongrois, fonctionne partiellement depuis la fin du mois de juillet.
Le Premier ministre hongrois, Peter Magyar, a annoncé mercredi la construction d’un seuil submergé près de la centrale afin de relever le niveau du fleuve. Deux barges de 80 mètres doivent également être positionnées à proximité du site et pourraient être coulées pour faciliter l’alimentation des pompes de refroidissement, selon les autorités hongroises, citées par Associated Press.
La sécheresse qui touche actuellement l’Europe a été aggravée par le changement climatique provoqué par les activités humaines, d’après une étude récente du collectif scientifique World Weather Attribution. Ses auteurs préviennent que le réchauffement climatique favorise des périodes de sécheresse plus longues.
Près des deux tiers du Danube ont enregistré en juillet des débits moyens d’une faiblesse inédite pour ce mois depuis le début des relevés, il y a 34 ans, d’après une analyse publiée lundi par le service européen Copernicus sur le changement climatique.