Berk Kutay Gökmen
30 Juillet 2026•Mise à jour: 30 Juillet 2026
AA / Istanbul
Le département de la Justice des États-Unis demande à un juge fédéral d'expulser une Afghane établie au Texas, qu'il qualifie de « terroriste étrangère », dans le cadre de la toute première affaire portée devant le « Tribunal d'expulsion des terroristes étrangers » (Alien Terrorist Removal Court), une instance très peu utilisée créée il y a près de 30 ans.
Nazira Haji Zada, 47 ans, de Fort Worth, doit comparaître ce jeudi à Washington, D.C., où les procureurs soutiendront qu'elle doit être expulsée des États-Unis en raison de ses liens présumés avec un projet de fusillade de masse déjoué lors du jour de l'élection présidentielle de 2024, selon CBS News.
« Les accusations dans cette affaire montrent la matriarche d'une famille sympathisante de l'EI (Daech) aidant à un complot visant à lancer une attaque à fort nombre de victimes contre des électeurs américains le jour de l'élection », a déclaré le procureur général par intérim, Todd Blanche.
Zada n'a pas été inculpée de terrorisme et n'a aucun casier judiciaire connu. Cependant, son fils, Abdullah Haji Zada, et son gendre, Nasir Ahmad Tawhedi, ont plaidé coupables de charges liées aux armes à feu et au terrorisme après avoir acheté des fusils et des munitions à un agent sous couverture du FBI.
Abdullah, arrêté à l'âge de 17 ans et poursuivi comme un adulte, a été condamné à 15 ans de prison et a accepté d'être expulsé à sa sortie. Tawhedi a plaidé coupable en 2025 de soutien à Daech.
Selon un rapport de synthèse du FBI, Zada aurait « soutenu » le complot, « prêté allégeance à l'EI (Daech) » et « œuvré pour endoctriner ses enfants avec l'idéologie de Daech », sur la base d'informations fournies par une « source fiable ».
« Nazira a travaillé avec Tawhedi pour radicaliser la famille et dissimuler leurs enseignements pro-EI, ainsi que leur projet de déménagement familial vers un territoire contrôlé par l'EI, à son mari qui n'était au courant de rien », a écrit le FBI.
Créé en 1996, le « Tribunal d'expulsion des terroristes étrangers » permet au gouvernement d'expulser des ressortissants étrangers en s'appuyant sur des preuves classifiées qui ne peuvent pas être divulguées publiquement. Les personnes visées par une procédure d'expulsion ne peuvent ni consulter ces preuves classifiées, ni contester la manière dont elles ont été obtenues. Les audiences initiales se déroulent à huis clos, les audiences publiques n'ayant lieu qu'après l'approbation de la demande d'expulsion.
*Traduit de l’anglais par l'équipe