Dejan Maksimoviç,Lejla Bıogradlıja,Ayvaz Çolakoğlu
28 Août 2019•Mise à jour: 28 Août 2019
AA - Sarajevo
L'association des mères de Srebrenica et de Zepa, active en Bosnie-Herzégovine, a annoncé vouloir saisir la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) contre les forces néerlandaises qui en 1995 ont livré aux militaires serbes les civils bosniaques qui s'étaient réfugiés auprès d'eux.
L'association a pris cette décision en réaction au verdict en appel de la Haute cour de justice néerlandaise, qui a confirmé la responsabilité "partielle" des soldats des Pays-bas présents au sein des Casques bleus et chargé d'assurer la sécurité des civils dans cette région, mais a toutefois ramené la part de cette responsabilité à 10 % à la place des 30 % décidés en première instance.
La vice-présidente de l'association des mères de Srebrenica et de Zepa, Kada Hotic a rappelé, au cours d'une conférence de presse organisée en réaction à ce verdict, que c'est sous les yeux des militaires néerlandais que s'est déroulé le génocide au cours duquel plus de 8 000 civils bosniaques se sont fait massacrer.
"Avec cette dernière décision, la part de la responsabilité des Pays-bas a été ramenée à 10 %. Nous ne savons pas en quoi revient cette décision. Mais par contre, nous étions bien sous la protection des Nations-unies et on nous avait promis la vie sauve", a-t-elle martelée.
L'un des avocats de l'association a indiqué que cette décision revient à baisser le taux d'indemnisation des victimes.
Le 11 juillet 1995, pas moins de 8 372 civils bosniaques ont été massacrés, lors d'un génocide, par les unités de l'armée serbe sous les ordres du commandant en chef Ratko Mladić, condamné depuis à la perpétuité, à Srebrenica pendant la guerre de Bosnie.