Sanaa Ou Amir Ahamada
08 Octobre 2026•Mise à jour: 08 Octobre 2026
La mobilisation des lycéens réclamant de meilleures conditions d’apprentissage a été en baisse jeudi en France par rapport à mardi, avec 71 500 manifestants, dont 24 500 à Paris, selon le ministère de l’Intérieur, cité par BFMTV.
La journée de mobilisation a toutefois été marquée par plusieurs incidents violents. Au total, 504 personnes ont été interpellées et 48 policiers et gendarmes ont été blessés, a indiqué le ministère de l’Intérieur, selon BFMTV.
Le ministère a également estimé à 55 000 le nombre de personnes ayant participé à des « actions devant des établissements scolaires », précisant qu’une partie seulement d’entre elles avait ensuite rejoint les manifestations.
Cette mobilisation intervient alors que les manifestations organisées mardi avaient rassemblé entre 256 000 et 450 000 personnes en France, selon les estimations rapportées par BFMTV.
Plusieurs incidents signalés
Le ministère de l’Intérieur a fait état d’une « augmentation des violences urbaines (...) en marge des mobilisations pacifiques de lycéens venant entacher leur expression légitime ».
Plusieurs établissements scolaires et membres du personnel enseignant ont été concernés par des incidents.
À Poitiers, un incendie a été signalé dans l’enceinte d’un lycée. À Saint-Etienne, « plusieurs dizaines d’individus » se sont introduits dans un établissement et ont saccagé la cantine.
À Bayonne, les vitres du logement du gardien ont été détruites et des tirs de mortiers ont atteint des enseignants. À Toulouse, un proviseur a été frappé par un adulte manifestant. À Saint-Chamond, dans la Loire, le proviseur adjoint a été brûlé au visage par un mortier d’artifice.
Les forces de l’ordre ont également été visées par des « jets de mortiers ». À Strasbourg, un véhicule de police a été incendié, tandis que des dégradations ont été commises sur l’hôtel de police de La Rochelle. À Bordeaux, le commissariat des Capucins a fait l’objet d’une tentative d’incendie.
Des « intrusions violentes » dans des établissements scolaires ont par ailleurs été signalées à Lormont, en Gironde, ainsi qu’à Lorient, où des exactions ont été commises, selon le ministère.
Des cortèges syndicaux globalement sans incident majeur
Malgré ces violences, le ministère de l’Intérieur a indiqué que les cortèges déclarés ou organisés par les syndicats s’étaient déroulés « sans incident majeur », à l’exception de certains incidents survenus lors des dispersions, notamment place de la Bastille à Paris.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a « condamné fermement ces violences » et salué le travail des forces de l’ordre.
Il a réuni jeudi soir les préfets de zone, les directeurs généraux de la Police et de la Gendarmerie nationales ainsi que le préfet de police afin de faire « un point précis de la situation sur l’ensemble du territoire », selon le ministère, cité par BFMTV.
La mobilisation des lycéens se poursuit ainsi sur fond de revendications portant sur leurs conditions d’apprentissage, tandis que les autorités mettent en avant les violences survenues en marge de certains rassemblements.