Lassaad Ben Ahmed
09 Novembre 2020•Mise à jour: 10 Novembre 2020
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Le camp l’ancien Président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, a exprimé son refus de participer aux consultations entamées depuis une semaine par le président Félix Tshisekedi et à mis en garde contre le « débauchage » de ses membres au sein de l’Assemblée nationale.
Le front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila s’exprimait au terme d’une réunion de deux jours, samedi et dimanche, dans la banlieue de Kinshasa, précisant qu’il restait ouvert au dialogue avec Tshisekedi « dans le cadre des structures et mécanismes prévus par l’accord de coalition ».
Le président du sénat, Alexis Thambwe Mwamba, le premier ministre Sylvestre Ilunga, des chefs des regroupements politiques, groupes parlementaires et des personnalités politiques ont pris part à cette réunion en l’absence de Joseph Kabila et de la présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda.
Coordonateur du FCC, Nehemie Mwilanya, a rappelé dans la déclaration finale que « l’initiative actuelle (de consultations) du chef de l’État intervient, au lendemain du forcing de prestation irrégulière de serment de 3 nouveaux juges constitutionnels lesquels ont cristallisé des violations de la Constitution.»
Tshisekedi « n’a pas formellement fait part à son partenaire de ses intentions ni sur l’initiative des consultations en cours, encore moins sur le sort réservé à l’accord de coalition », a constaté Mwilanya, mais « réitère sa disponibilité à poursuivre la mise en œuvre de ses efforts de gouvernance du pays dans le cadre de cet accord ».
Face à l’annonce de recomposition de la majorité parlementaire par des pro-Tshisekedi, le FCC a indiqué qu’il ne « peut cautionner, de ce fait, aucune démarche tendant à la recomposition de la majorité parlementaire en pleine législature».
Le FCC se dit, cependant, prêt à aller aux élections, conformément à « la constitution et du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Toute majorité est issue des élections, portées par des groupes parlementaires et groupes politiques qui soutiennent l’action gouvernementale pour toute la législature, ne peut être renouvelée qu’au cours d’une nouvelle élection et non du fait d’une création artificielle des acteurs politiques ».
Pour le FCC, l’alternative à cette option est de « se soumettre à la sanction du souverain primaire à travers des élections générales anticipées à tous les niveaux ».
Le FCC précise aussi que la dissolution de l’Assemblée nationale est conditionnée, « fortement encadrée et bien déterminée par la Constitution, les constituants ayant tiré les leçons des expériences malheureuses et douloureuses du passé ».
Le président Tshisekedi pour sa part poursuit ses consultations. Il devrait recevoir, ce lundi, le prix Nobel de la paix, Denis Mukwege.
La semaine dernière, il avait reçu le soutien des opposants Jean - Pierre Bemba et Moise Katumbi.
Candidat malheureux à la présidentielle du 30 décembre 2018 et qui revendique toujours sa victoire, Martin Fayulu a boycotté les consultations de Tshisekedi.