Lassaad Ben Ahmed
05 Novembre 2021•Mise à jour: 05 Novembre 2021
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Une nouvelle attaque des rebelles ADF a fait 7 morts dont 4 assaillants, jeudi matin, à Beni, un territoire de la province du Nord - Kivu dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), d’après l’armée.
« Les éléments des Forces armées ont neutralisé ce jeudi matin 4 terroristes ADF/MTM près du village de Mantumbi. Ils voulaient se ravitailler en vivres, hélas ils se sont attaqués aux civils. Ils ont tué 3 dont deux femmes », a déclaré dans un message laconique à l'Agence Anadolu, le capitaine Anthony Mwalushay, porte-parole de l’armée dans la région.
Les populations venaient pourtant de réoccuper ce village qui était devenu sanctuaires des forces démocratiques alliés (ADF), groupe armé d’origine ougandaise et qui est accusé de massacrer des civils depuis 2014 dans le territoire de Beni, frontalière avec l’Ouganda.
La société civile a fait état d'un « sabotage » pour replonger la population dans le désespoir.
La persistance des attaques armées dans le territoire de Beni, a entrainé l’arrêt des interventions de 10 organisations humanitaires, privant 116 000 personnes déplacées de toute assistance vitale, a affirmé, jeudi, le bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) dans une note aux médias.
Les ADF sont de loin le groupe armé le plus sanglant parmi les 122 actifs et recensés actuellement dans l'Est de la RDC par les experts indépendants et les Nations Unies.
Depuis le début de l'année 2021, plus de 25 villages ont été attaqués et plus de 200 personnes tuées par ce groupe en Ituri et dans le Nord-Kivu, selon le dernier rapport de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) qui faisait état de son inquiétude face à l’afflux de déplacés suites aux violences armées.
Le 11 mars, les États-Unis ont placé, l’ADF dont les combattants sont installés dans l'est de la RDC depuis 1995 après leur opposition au régime de Yoweri Museveni, parmi les « groupes terroristes » affiliés Daech.
En décrétant l’état de siège, le président Félix Tshisekedi a nommé des généraux de l’armée et de la police à la tête des provinces du Nord - Kivu et de l'Ituri frontalières avec l’Ouganda et le Rwanda.