Nadia Chahed
23 Février 2019•Mise à jour: 24 Février 2019
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Plusieurs responsables congolais dont le président de la Commission électorale, le président de la Cour constitutionnelle et l'ancien président de l'Assemblée Nationale, ont été visés vendredi par des sanctions américaines.
Ils sont accusés de "violations des droits de l'homme" et de "corruption grave" liée au processus électoral en République démocratique du Congo (RDC), précise le département d'État américain dans un communiqué publié sur son site et consulté par Anadolu.
Contrairement aux précédentes sanctions visant d'autres personnalités congolaises, celles- ci incluent l'interdiction de voyage sur le territoire américain.
Ces sanctions visent le président de la Commission électorale (Ceni), Corneille Nangaa, son adjoint Norbert Bashengezi, son conseiller en charge des nouvelles technologies, Marcelin Bashengezi, l'ancien président de l'Assemblée Nationale, Aubin Minaku et le président de la cour constitutionnelle, Benoit Lwamba, précise le département d'Etat américain.
"Ces individus se sont enrichis par l'usage de la corruption ou en orchestrant des violences contre des personnes exerçant leur droit au rassemblement pacifique et à la liberté d'expression", déplore la même source.
Affirmant qu'elle va continuer d'apporter son soutien au peuple congolais après le "transfert historique" de pouvoir dans le pays, Washington exprime "des inquiétudes légitimes sur la conduite et la transparence du processus électoral".
Elle ne remet, toutefois, pas en cause l'élection de Félix Tshisekedi, dont la victoire avait été contestée par l'Eglise Catholique et reste contestée par l'opposant Martin Fayulu.
Les États-Unis avaient, en effet, pris acte de l'arrêt définitif et irrévocable de la Cour constitutionnelle, confirmant les résultats publiés par la commission électorale (Ceni) et donnant Tshisekedi pour vainqueur avec 38% des voix contre 34 % pour Martin Fayulu.
Soutenu par nombre de leaders de l'opposition, Fayulu qui ne cesse de de dénoncer un "putch électoral" accuse la commission électorale d'avoir "fabriqué" des résultats grâce à un accord secret entre Kabila et Tshisekedi.
Fayulu revendique sa victoire, avec 61% des voix. Ces résultats avaient été confirmés par des documents attribués à la commission électorale par le Groupe d'étude sur le Congo (GEC) de l'université de New York, des médias internationaux dont RFI , TV5 Monde et Financial Time.
Ces nouvelles sanctions ont été annoncées quelques minutes après un tête-à-tête à Kinshasa entre le Président Félix Tshisekedi et Peter Phan, le nouvel envoyé spécial des Etats-Unis dans la région des Grands Lacs.
En 2016 et 2017, Washington avait décidé des sanctions financières contre d'autres personnalités congolaises dont le vice-premier ministre et ministre de l’intérieur ( à l'époque) Evariste Boshab et et le chef de l’Agence nationale de renseignement (ANR), Kalev Mutondo, tous deux accusés de "saper le processus démocratique" en RDC.
Des officiers de l'armée et des chefs miliciens avaient également été visés, ils sont accusés d'être responsables de la "prolongation" du conflit armé en RDC.